Tyler Mitchell, rendre l’utopie accessible

Jusqu’au 17 août 2025, Photo Élysée accueille le photographe afro-américain Tyler Mitchell et son exposition personnelle « Wish This Was Real ». Un ensemble de portraits illustrant sa propre vision de l’utopie.

Dans une pièce, un homme placarde un ciel bleu sur la tapisserie faite de fenêtres qui la décorait. Plus loin, deux silhouettes apparaissent derrière un drap, révélées par la lumière douce du soleil printanier. Et puis il y a ces deux femmes, fières, posant près de leur vélo devant une clôture blanche emblématique des banlieues aisées américaines.

À Photo Élysée, Tyler Mitchel déploie « Wish This Was Real », sa première exposition personnelle en Suisse. Un ensemble de portraits colorés, profondément influencés par la photographie de mode, au cœur desquels le jeune artiste afro-américain infuse ses thèmes de prédilection : l’autodétermination et la splendeur du quotidien.

Tyler Mitchell Albany, Georgia, 2021. ©Tyler Mitchell. Courtesy of the artist and Gagosian Gallery
Albany, Georgia, 2021. ©Tyler Mitchell. Courtesy of the artist and Gagosian Gallery
Tyler Mitchell Untitled (Sisters on the Block), 2021. ©Tyler Mitchell. Courtesy of the artist and Gagosian Gallery
Untitled (Sisters on the Block), 2021. ©Tyler Mitchell. Courtesy of the artist and Gagosian Gallery
Tyler Mitchell, Untitled (Topanga II), 2017. ©Tyler Mitchell. Courtesy of the artist and Gagosian Gallery
Untitled (Topanga II), 2017. ©Tyler Mitchell. Courtesy of the artist and Gagosian Gallery

« Je souhaite donner à voir ce à quoi une utopie noire ressemble ou pourrait ressembler. On dit qu’une utopie n’est jamais atteignable, mais j’admire la capacité de la photographie à me permettre de rêver, et à faire en sorte que ce rêve soit le plus réaliste possible », confie l’auteur à la galerie Gagosian. Un fantasme qu’il ne cesse de faire évoluer au gré de ses différents projets. 

Convaincre par la beauté pure

C’est en 2018 que l’artiste se fait connaître du grand public, en signant la couverture du numéro de septembre du Vogue américain. Un portrait de Beyoncé marquant l’histoire : c’est la première fois, en 126 ans d’existence, qu’un photographe noir réalise la une de la revue. 

Depuis, Tyler Mitchell n’a de cesse d’imaginer des mises en scène illustrant la résilience de sa communauté au cœur de décors oniriques, rappelant son goût pour l’utopie. Un travail d’équilibriste qu’il exécute habilement : dans son œuvre, les traces du passé viennent prendre racine dans un espoir futuriste pour créer un ensemble à l’épreuve du temps.

Tyler Mitchell Motherlan Skating, 2019. ©Tyler Mitchell. Courtesy of the artist and Gagosian Gallery
Motherlan Skating, 2019. ©Tyler Mitchell. Courtesy of the artist and Gagosian Gallery
Tyler Mitchell New Horizons II, 2022. ©Tyler Mitchell. Courtesy of the artist and Gagosian Gallery
New Horizons II, 2022. ©Tyler Mitchell. Courtesy of the artist and Gagosian Gallery
Tyler Mitchell The root of all that lives, 2020. ©Tyler Mitchell. Courtesy of the artist and Gagosian Gallery
The root of all that lives, 2020. ©Tyler Mitchell. Courtesy of the artist and Gagosian Gallery
Tyler Mitchell Curtain Call, 2018. ©Tyler Mitchell. Courtesy of the artist and Gagosian Gallery
Curtain Call, 2018. ©Tyler Mitchell. Courtesy of the artist and Gagosian Gallery
Tyler Mitchell Untitled (Blue Laundry Line), 2019. ©Tyler Mitchell. Courtesy of the artist and Gagosian Gallery
Untitled (Blue Laundry Line), 2019. ©Tyler Mitchell. Courtesy of the artist and Gagosian Gallery

Qu’il photographie en Géorgie ou dans la campagne new-yorkaise pour placer ses sujets dans une nature luxuriante ou bien qu’il s’empare de la vidéo afin d’offrir une réflexion contemplative sur les enjeux sociopolitiques aux États-Unis, Tyler Mitchell propose, avant tout, de convaincre par la beauté pure. Dans ses images, les lumières épousent les lignes des corps, éclairent les peaux pour mieux les sublimer.

Jamais distrayants, les vêtements et accessoires choisis reflètent une royauté contemporaine, une prestance destinée à rappeler que les fragments du rêve américain n’appartiennent pas qu’à une population blanche, que les afro-américains peuvent, eux aussi, faire sanctuaire. Qu’ils peuvent, eux aussi, briller sous les projecteurs. Une lettre d’amour à la notion de communauté également soulignée par la présence, au sein du corpus « Altars/Acres », d’artistes, photographes et sculpteurs dont les œuvres entrent en résonance avec la créativité de Tyler Mitchell. Une belle manière de rendre hommage, à l’heure de la montée des nationalismes, à la force vibrante de la collectivité.

« Wish This Was Real » est visible jusqu’au 17 août 2025 à Photo Élysée, à Lausanne. 

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